LA NOUVELLE-CALEDONIE
L’archipel de la Nouvelle-Calédonie a une superficie de 19.200 Km2 (légèrement plus du double de la Corse). Il est composé de la Grande terre et des îles Loyauté. Il se situe à 1.500 Km à l’est de l’Australie, 1.700 Km au nord de la Nouvelle-Zélande et 18.000 Km de la métropole. La grande terre mesure 400 Km de long pour 50 Km de large.
Au recensement de 1989, la Nouvelle-Calédonie comptait 164.173 habitants qui se répartissaient comme suit :
environ :
74.000 Mélanésiens (44.8%)
55.000 Européens (33.6%)
15.000 Wallisiens et Futuniens (8.6%)
5.000 Tahitiens (2.9%)
5.000 Indonésiens (3.2%)
2.500 Vietnamiens (1.5%)
1.600 Ni-Vanuatu (1%)
7.000 autres et autres ethnies (4.4%)
Au recensement de 1996 la population était de 196.836 personnes. (voir la carte).
Au dernier recensement en 2005 la population comptait 232.258 âmes.
La monnaie en vigueur en Nouvelle-Calédonie est le franc pacifique (CFP).
1 euro = 119.3317 CFP
100 CFP = 0.84 euro
UN PEU D’HISTOIRE
Le matin du 5 septembre 1774, le capitaine James Cook (1728- 1779) découvre une île dans le pacifique sud qu’il nommera New- Caledonia (Nouvelle-Calédonie) en souvenir de son Ecosse natale. Cette île n’avait jamais été vue auparavant, pas plus par Ferdinand Magellan (1480-1521) en 1520 quand il traversa le pacifique que par Louis-Antoine Bougainville (1729- 1811) en 1768 quand il revint de Tahiti.
Le capitaine Cook resta neuf jours au Nord-est de l’île. Il ne découvrit pas les île Loyauté : Ouvéa, Lifou, Maré. Il conserva un très bon souvenir de son séjour. Il écrit dans l’introduction de sa « Description de la Nouvelle-Calédonie, mœurs, coutumes et arts » qu’il y a trouvé des hommes : forts, robustes, actifs, bien faits, civils et paisibles.
D’autres expéditions scientifiques auront lieu ensuite dans l’océan pacifique : Antoine D’Entrecasteaux (1737-1793) qui part à la recherche de Jean-François de Galaup de La Pérouse (1741-1788), et bien plus tard Charles Darwin (1809-1882).
A partir de 1842, la France envoie les bagnards loin, très loin en Nouvelle-Calédonie, mais ce n’est que le 24 septembre 1853 que le contre-amiral Auguste Febvrier-Despointes (1796-1855) prend officiellement possession de la Nouvelle-Calédonie au nom de la France.
Une colonie pénitentiaire y est créée. Y sont envoyés : « les transportés », ces criminels qui ont été condamnés aux travaux forcés. Ils sont employés à effectuer les travaux les plus durs de la colonisation. La loi oblige les bagnards libérés en fin de peine à l’exil sur place. La France compte ainsi imposer son emprise sur le territoire en le peuplant d’européens et pour aider cette opération elle envoie en Nouvelle-Calédonie des bateaux entiers chargés de femmes condamnées ou de femmes sans famille plus environ 500 femmes célibataires prisonnières en France qui ont accepté de partir épouser des condamnés. Certains bagnards se sont vus autorisés à faire venir en Nouvelle-Calédonie, leurs épouses et leurs enfants. Tout cela dans l’optique de peupler le territoire d’européens.
En 1946 la colonie devient Territoire d’Outre-mer. En 1956 la loi- cadre Gaston Defferre (1910- 1990) impose de faire participer toutes les ethnies à la gestion des affaires locales, sans grand résultat. En 1963 les lois Jacquinot (Louis 1898- 1993) suppriment les dispositions de la loi cadre.
Dans les années 1970 sous les gouvernements de Georges Pompidou (1911-1974) et de Valéry Giscard d’Estaing (1926) une politique répressive est menée contre les Kanaks qui expriment leur mécontentement par des revendications foncières et de souveraineté. En 1972, Pierre Messmer (1916) alors premier ministre appelle les français métropolitains et ceux d’Outre- mer à immigrer massivement en Nouvelle-Calédonie. Pour les aider, il met en place des avantages fiscaux et des indexations de salaires. Environ 20.000 personnes répondront à cet appel.
En 1981 l’élection de François Mitterrand (1916-1996) redonne espoir aux indépendantistes. La gauche crée un impôt sur le revenu en 1982, elle réduit les indexations des salaires des fonctionnaires. Les indépendantistes comprennent que le gouvernement de Mitterrand ne désire pas l’indépendance. En 1984 le Front de Libération National Kanak Socialiste (FLNKS) est créé. Il appelle au boycott du scrutin du 18 novembre qui doit renouveler l’assemblée territoriale. Le FLNKS s’oppose avec violences au déroulement du scrutin. S’en suivent des violences contre les colons dont les terres sont occupées. De nombreuses maisons sont brûlées. Se sentant abandonnés, nombre de colons se réfugient à Nouméa, mais une dizaine d’entre eux assassinent dix militants du FLNKS à Hienghène le 5 décembre 1984. Le lendemain, les barrages routiers sont levés sur injonction de Jean-Marie Tjibaou qui accepte le dialogue avec Edgar Pisani qui propose une solution politique, découpage du territoire en quatre régions dont deux au moins sous contrôle du FLNKS, ce qui est effectif en septembre 1985. Le calme revient.
Au mois de mars 1986, la droite est de nouveau au gouvernement. Bernard Pons est nommé ministre des DOM TOM. Il décide d’annuler le travail effectué par Pisani, ce qui a pour effet la reprise des tensions. Le statut Pons est élaboré. Il prévoirait l’exclusion des indépendantistes des points clés du fonctionnement du territoire. Cette mesure est le détonateur de violences tragiques : Le 22 avril 1988, jour de la mise en place effective du statut Pons, des barrages sont mis en place sur les routes de la grande terre par le FLNKS, ses membres prennent d’assaut et investissent la brigade de gendarmerie de Fayaoué à Ouvéa. Un affrontement s’en suit au cours du quel quatre gendarmes sont tués, 27 autres sont pris en otage et emmenés dans une grotte à Gossanah, au nord de l’île. Ils seront libérés quinze jours plus tard par les gendarmes et les militaires. Cet affrontement a coûté la vie à deux militaires et dix neuf kanaks.
Mitterrand est réélu en mai 1988, le retour de la gauche au pouvoir va aider à renouer le dialogue. Le 26 juin 1988 les accords dits « de Matignon » sont signés. Le territoire est découpé en trois provinces : la province sud, la province nord et la province des Iles Loyauté, ces deux dernières sont administrées par les indépendantistes. Les accords de Matignon prévoient également un référendum d’autodétermination dans dix ans soit en 1998.
Ces accords ne sont pas compris ni acceptés par tous les indépendantistes. Le 4 mai 1989 à Ouvéa, Wéa Djubelly, ancien pasteur kanak, tue par arme à feu, Jean-Marie Tjibaou et Yéwéné Yéwéné qui avaient tous deux signé les accords de Matignon, il est lui-même abattu sur le champ par un garde du corps du FLNKS.
Le 24 mars 1990 Paul Néaoutyine est désigné président du FLNKS. La paix est revenue sur le territoire.
Dates importantes de l’histoire de la Nouvelle-Calédonie
5 septembre 1774:
Le capitaine James Cook accoste au nord de l’île et la baptise New- Caledonia (Nouvelle Calédonie) en souvenir de l’Ecosse où il est né.
1792:
Antoine D'Entrecasteaux explore la côte Est de l'île.
1841:
Découverte du bois de santal à l'île des Pins (sud de la grande terre)
24 septembre 1853:
Le contre-amiral Febvrier-Despointes prend officiellement possession de la Nouvelle -Calédonie au nom de la France .
1854:
La ville de Port de France est fondée. Elle deviendra plus tard Nouméa.
1864:
Construction du bagne où près de 40 000 personnes, dont 5 000 déportés de la Commune de Paris en 1872 furent enfermées. Le bagne a été fermé en 1897.
1864:
Jules Garnier (1839-1904), ingénieur, découvre que le sol de l’île contient du nickel.
1878:
Les Kanaks s’insurgent contre la colonisation française. Ces évènements font plus de 1.200 morts parmi les kanaks, 200 européens sont tués.
1880:
Création de la Société Le Nickel (S.L.N.).
1887:
Les kanaks sont cantonnés dans des réserves. Ils sont obligés de travailler plusieurs semaines par an au profit des européens.
1892:
Une épidémie de lèpre décime la population kanaks. Lîle de Bélep au nord de la grande terre est transformée en léproserie.
1894:
L'arrivée du gouverneur Paul Feillet (1857-1903) met fin à l'envoi de bagnards en Nouvelle Calédonie.
1895:
Un impôt est créé pour les kanaks ce qui les oblige à travailler pour les europééns.
1900:
A l'exposition universelle de Paris, un stand sur la Nouvelle-Calédonie est installé.
1902:
Arrivée du missionnaire protestant Maurice Leenhardt (1878-1954).
1905:
Le premier navire à vapeur arrivant de France (Marseille) accoste à Nouméa.
1910:
L'usine de nickel de Doniambo est opérationnelle.
1915:
Départ pour la guerre, des premiers volontaires kanaks.
1924:
Arrivée de tonkinois pour travailler dans les mines de nickel.
1926:
Arrivée d'immigrants du nord de la France.
1927:
La première automobile circule en Nouvelle-Calédonie.
1932:
Léclairage public est installé à Nouméa.
1932:
Un décret permet aux kanaks d’accéder à la nationalité française.
1934:
Le cinéma parlant itinérant fait son entrée en brousse.
1938:
Le premier courrier par voie aérienne est acheminé vers la France.
1940:
La Nouvelle-Calédonie se rallie à la France libre.
1942:
Le quartier général de l'armée américaine s'installe sur l'île.
1945:
Le franc CFP (Colonies Françaises du Pacifique) est créé.
27 octobre 1946:
La colonie devient territoire d’Outre-Mer.
1953:
Le conseil général est élu au suffrage universel pour la première fois.
1956:
Arrivée importante de wallisiens et futuniens.
1962:
L'assemblée territoriale est dissoute, de nouvelles élections sont organiqsées.
1965:
La première émission de télévision est diffusée sur le territoire.
1966:
Nouméa accueille les deuxièmes jeux du pacifique.
1969:
Paris prend le contrôle des mines de Nouvelle-Calédonie.
1972:
La circulaire Messmer encourage les polynésiens et les populations blanches à immigrer en Nouvelle-Calédonie.
1975:
Apparaissent les premières revendications d'indépendance.
1977:
Le Rassemblement pour la Calédonie est créé par Jacques Lafleur.
1979:
Création du FI (Front Indépendantiste) qui manifeste, avec le soutien du PS et PC métropolitains, contre la visite de V. Giscard d'Estaing en Nouvelle-Calédonie.
1981:
Pierre Declercq (secrétaire général de l'Union Calédonienne) est assassiné le 19 septembre. Le peuple kanak se souvient de lui comme étant le "premier martyr blanc pour l'indépendance kanak”.
24 septembre 1984:
Le FLNKS est créé (Front de libération nationale kanak socialiste)
18 novembre 1984:
Les kanaks boycottent des élections territoriales. De très graves troubles à l’ordre public se déroulent pendant plusieurs semaines.
4 décembre 1984:
Edgar Pisani, se déplace à Nouméa et propose une solution politique .
5 décembre 1984:
A Hienghène. Dix Mélanésiens du FLNKS sont assassinés par des colons.
1985:
Mise en place du plan Pisani appelé «indépendance-association».
12 janvier 1985:
Les indépendantistes Eloi Machoro et Marcel Nonnaro sont tués par le GIGN.
1986:
En juillet le statut Pons est effectif, ce qui a pour effet d'augmenter la tension dans le territoire.
13 septembre 1987:
Un référendum sur l’accession à l’indépendance a lieu. Le "NON" l’emporte avec 83%.
5 mai 1988:
L'armée et la gendarmerie délivrent les 27 gendarmes otages à la grotte de Gossanah à Ouvéa. Elles donnent l'assaut à la grotte où des 19 kanaks sont tués ainsi que 2 militaires.
15 mai 1988:
Michel Rocard, premier ministre met en place un dialogue dirigée par le préfet Christian Blanc.
26 juin 1988:
A Matignon, les accords du même nom sont signés. La violence cesse. Ces accords sont signés conjointement par Jean- Marie Tjibaou et Jacques Lafleur, président du RPCR.
6 novembre 1988:
Un référendum au niveau national a lieu (un taux d'abstention record est enregistré en métropole). Un nouveau statut est adopté par 80% de "OUI", (57% de oui en Calédonie). Il prévoit qu'un référendum d'autodétermination aura lieu 1998.
4 mai 1989:
Jean-Marie Tjibaou et Yeiwene Yeiwene sont assassinés à Ouvéa par Wéa Djubelly un indépendantiste extrémiste kanak.
27-28 avril 1991:
Jacques Lafleur propose la recherche d'une «solution consensuelle». Le FLNKS accepte.
9 juillet 1995:
Le RPCR perd la majorité absolue au congrès.
Décembre 1995:
Roch Wamytan, (nouveau président du FLNKS), et Jacques Lafleur présentent chacun leur projet institutionnel. Jacques Lafleur propose une émancipation de la Nouvelle-Calédonie au sein de la France, le FLNKS propose un pays indépendant, « la Kanaky », dès 1998.
15 février 1996:
Première réunion tripartite. Le FLNKS quitte la table des négociations. Trois des quatre composantes du FLNKS exigent comme condition à la reprise des négociations d’avoir accès aux ressources de l’usine de nickel que la province nord désire construire.
30 janvier 1997:
Alain Juppé reçoit deux délégations du FLNKS et du RPCR et de ce fait relance les négociations.
Mai 1997:
A l’occasion des élections législatives le FNKS appelle à ne pas participer. Le RPCR conserve se deux sièges de députés.
Juillet 1997:
Philippe Essig est désigné médiateur dans le dossier du nickel par Lionel Jospin, nouveau premier ministre.
1er février 1998:
Les Accords de Bercy prévoient le transfert du massif du Koniambo, aux Kanaks et à la société canadienne Falconbridge. Ceux-ci doivent s’engager à prendre la décision de construire une usine pour l’exploitation du nickel avant le 31 décembre 2005.
24 février 1998:
Rencontres entre l’Etat, le FLNKS et le RPCR à Paris ainsi qu’ à Nouméa.
21 avril 1998:
Un accord est conclu à Nouméa sur le futur statut. Celui-ci stipule qu'un référendum d'autodétermination sera organisé entre 2013 et 2018. Il stipule également que les compétences de l'Etat seront progressivement transférées au territoire.
5 mai 1998:
Lionel Jospin, Jacques Lafleur et Rock Wamytan signent cet accord..
6 juillet 1998:
La révision constitutionnelle nécessaire suite aux accords de Nouméa est approuvée par le congrès réuni à Versailles.
8 novembre 1998:
Les accords de Nouméa sont approuvés à 72% par les Calédoniens l’ors d’un référendum.
15 mars 1999:
Le Conseil constitutionnel estime que tout français résidant depuis au moins dix ans en Nouvelle- Calédonie pourra voter à l’occasion des prochaines élections provinciales. Il remet en cause un des points-clé de l'Accord de Nouméa.
19 mars 1999:
La loi organique issue des accords de Nouméa est adoptée.
9 mai 1999:
Le RPCR obtient la majorité relative avec 24 sièges sur 54 lors des premieres élections du congrès autonome.
28 mai 1999:
Un gouvernement de 11 personnes est formé :
7 antiindépendantistes, 4 indépendantistes, présidé par Jean Lequès, maire RPCR de Nouméa.
15 mai 2000:
En raison d’un grand nombre de procurations non parvenues à leurs destinataires, les élections provinciales de 1999 sont annulées par le Conseil d’Etat dans les Iles Loyauté.
Mars 2001:
Suite à la réélection de Jean Lequès à la mairie de Nouméa, le gouvernement démissionne. Pierre Frogier (RPR-RPCR) lui succède, Déwé Gorodey (Palika, indépendantiste) est vice présidente.
Juin 2002:
Jacques Lafleur est mis en ballotage pour la première fois, à l'occasion des élections législatives.
Juillet 2003:
Jacques Chirac en visite en Nouvelle-Calédonie, s'engage à ce que la question du corps électoral soit réglée avant la fin du quinquennat en 2007.
9 mai 2004:
A l’occasion des élections provinciales, arrive en tête Didier Leroux (l’avenir ensemble) 19 élus sur 40 en second Jacques Lafleur (RPCR) 16 élus.
Juin 2004:
L’Avenir ensemble, prend le contrôle du gouvernement de Nouvelle- Calédonie. Les indépendantistes suite à leurs divisions internes, passent de 23 à 18 sièges.
Août 2004:
Le recensement qui avait été prévu pour 2003, est réalisé. En ont été retirées les questions sur les origines ethniques, allant ainsi à l’encontre de l'esprit des accords de Nouméa.
2 juillet 2005:
Jacques Lafleur perd la présidence du RPCR au profit de Pierre Frogier. Il est à noter que Jacques Lafleur en était le président fondateur depuis 1977.
31 décembre 2005:
Conformément aux accords de Bercy de février 1998, la Société Minière du Sud Pacifique associée au groupe canadien Falconbridge et contrôlée par la province nord prend possession de la mine de nickel de Koniambo.